Nous avons passé près d’un mois à Abidjan pour la réparation des motos. Verdict pour les deux : piston, segments, cylindre… elles sont solidaires jusqu’au bout — même panne pour les deux, de vraies jumelles !

Le point positif de cet arrêt forcé : de très belles rencontres humaines. Merci à Yatoo Moto à Abidjan, à Nantes Moto pour ses précieux conseils par téléphone, à Jean-Michel  « figure incontournable des motards ivoiriens »  et à toutes les personnes qui nous ont accueillis et aidés.

Une phase de rodage de 1 000 km nous attend, suivie d’un retour à Abidjan pour une révision complète, avant de reprendre la route vers la suite de notre périple africain.

1ère étape
À seulement quelques kilomètres de l’agitation d’Abidjan, un monde discret mais fascinant se révèle : celui des hippopotames de Bini. Dans les eaux tranquilles du fleuve Bandama, bordées de végétation dense, ces géants rappellent que la nature résiste encore, même aux portes de la ville.
Ici, le sauvage cohabite avec l’urbain dans un équilibre fragile, offrant au visiteur un spectacle à la fois inattendu et profondément authentique.

La route nous appelle, direction Yamoussoukro, la capitale de la Côte d’Ivoire. Pourquoi aller à Yamoussoukro ? Pour découvrir la plus grande basilique du monde, copie presque conforme de la basilique Saint-Pierre de Rome, au Vatican. Et tout cela pour le rêve d’un président, Félix Houphouët-Boigny, qui a voulu faire de son petit village le centre du monde. Il a dépensé sans compter pour réaliser ce rêve.

On prend alors pleinement conscience de l’ampleur de son ambition. Éblouis par tant de beauté, mais aussi surpris de la voir surgir là, au milieu de nulle part.

Le clou du spectacle, c’est le bassin des crocodiles sacrés, près du palais présidentiel. Silencieux, imposants, ils fascinent autant qu’ils impressionnent.

Mais ce qui frappe le plus, ce sont ces avenues à trois voies, désertes, comme figées dans le vide. Incroyable. C’est vraiment démesuré pour si peu de circulation. C’est l’Afrique.

Et maintenant, cap vers l’océan Atlantique. Sassandra, une belle découverte : un petit village où le temps semble suspendu. Tout autour, la nature règne en maître, avec une superbe balade à faire dans la mangrove, au départ du village de pêcheurs dans la vieille ville.

La piste en latérite qui longe la côte est magnifique : petits villages de pêcheurs, plages désertes de sable fin bordées de cocotiers… Un vrai paradis, encore préservé.

Nous sommes fin mai, et la saison des pluies est arrivée. Les pistes deviennent impraticables, il va donc falloir nous adapter pendant les trois prochains mois. La vigilance sera désormais notre quotidien, car les pluies sont violentes et la circulation devient difficile, même sur les routes principales.