Le Nigeria, dernière étape de notre route en Afrique de l’Ouest

Le Nigeria marque la dernière étape de notre traversée de l’Afrique de l’Ouest. Un pays redouté par de nombreux voyageurs, souvent entouré de clichés et d’appréhensions.

Visa et sticker en poche, récupérés à l’ambassade de Cotonou au Bénin, nous voilà prêts. Ce sera d’ailleurs le visa le plus cher de tout notre voyage : 150 000 FCFA (environ 230 €). Un tarif élevé, mais il faut savoir que les visas sont souvent très chers en Afrique, et particulièrement au Nigeria. C’est l’Afrique…
Nous mettons ensuite le cap sur le poste frontalier de Sèmè-Kraké.

Les formalités effectuées, nous prenons la direction de Lagos. Ici, la langue officielle est l’anglais.
La route est chaotique : de nombreux checkpoints, des portions dégradées et, par endroits, de véritables décharges à ciel ouvert. Mais l’aventure commence réellement ici.

À Lagos, les contrastes sautent immédiatement aux yeux : quartiers riches et ultra-modernes côtoient des zones extrêmement pauvres. Deux mondes qui se croisent sans vraiment se rencontrer.

Une fois arrivés dans la capitale économique du pays, nous trouvons un guide pour explorer Makoko, le célèbre bidonville flottant, ainsi que quelques quartiers sensibles — une mission impossible sans accompagnement.
Makoko est un village unique : maisons, écoles et commerces construits sur l’eau. Pas d’électricité, une eau noire et polluée, des infrastructures quasi inexistantes… et pourtant, une communauté incroyablement résiliente, qui se bat chaque jour pour survivre.

Makoko est un monde à part, au cœur de Lagos, qui ne laisse personne indifférent. C’est sans aucun doute l’un des endroits les plus marquants et les plus impressionnants que nous ayons eu la chance de voir.

Nous reprenons ensuite la route vers Calabar, une étape incontournable : tout voyageur se rendant au Cameroun doit impérativement y récupérer son sticker pour pouvoir franchir la frontière. Sans ce fameux autocollant sur le passeport, les choses se compliquent sérieusement !

Les routes sont défoncées, un véritable enfer, surtout à la sortie des villes. Camions et voitures s’entremêlent, chacun pour soi, et le stress est permanent pendant plusieurs jours. À cela s’ajoute la pluie : la saison n’est pas encore terminée, et les pistes deviennent rapidement impraticables. En saison des pluies, mieux vaut les oublier.

Trois solutions s’offrent alors à nous pour quitter le Nigeria :

  • par le nord, via les pistes — impossible pendant la saison des pluies ;
  • par le centre, en convoi militaire — une option qui ne nous inspire absolument pas ;
  • ou par la mer… ce sera notre choix.

Oron, puis le Cameroun, que nous décidons de rejoindre en speed-boat. Et là, nous allons vivre une aventure particulièrement stressante.
Pannes moteur à répétition, bateau à la dérive… nous sommes contraints de passer la nuit dans une zone fortement déconseillée aux touristes.
Heureusement, tout se termine bien. L’aventure reste l’aventure !

Nous n’aurons passé que 14 jours au Nigeria. C’est peu, et ce pays mérite sans doute beaucoup plus de temps. Mais la situation actuelle n’encourage pas vraiment à s’y attarder. Malgré tout, nous avons toujours été très bien accueillis par les Nigérians.